INPI guichet unique ou Legalstart : lequel choisir, et ce que vous payez vraiment
Mis à jour le 17 juillet 2026 — barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
Créer une entreprise en France oblige désormais à passer par un point d’entrée unique: le guichet des formalités des entreprises, accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr et géré par l’INPI depuis le 1er janvier 2023. Mais face à ce portail officiel gratuit, des plateformes privées comme Legalstart proposent un accompagnement payant. La vraie question n’est pas laquelle est la meilleure, mais ce que vous payez réellement, et pour quoi.
En bref: Le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) est le seul passage obligatoire pour toute création, modification ou cessation d’entreprise en France, et son accès est gratuit. Legalstart et ses concurrents sont des intermédiaires privés qui facturent un service d’accompagnement, ils déposent votre dossier via ce même guichet. Choisir entre les deux revient donc à décider si vous êtes prêt à payer pour éviter de remplir les formulaires vous-même.
Le guichet unique INPI, point d’entrée légal depuis 2023
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d’entreprise, création, modification, cessation, transitent par un seul et même portail public. Plus de CFE sectoriel, plus de greffe du tribunal pour les sociétés commerciales en création directe, plus d’Urssaf en première ligne pour les micro-entreprises: tout converge vers formalites.entreprises.gouv.fr, que l’INPI pilote techniquement. La mention figure explicitement sur les pages officielles d’impots.gouv.fr: « Toutes les entreprises passent par le Guichet unique, géré par l’INPI. »
Ce portail est gratuit. Les formalités elles-mêmes, l’acte administratif de déclarer votre activité, ne coûtent rien sur ce canal. Attention toutefois: certaines formalités engendrent des frais annexes indépendants du portail, comme les frais de greffe pour l’immatriculation d’une société (SARL, SAS…), les annonces légales obligatoires ou les honoraires de rédaction des statuts si vous faites appel à un notaire ou un avocat. Ces frais existent que vous passiez par le guichet seul ou via un intermédiaire.
Pour une micro-entreprise, la création sur le guichet unique est réellement sans frais supplémentaires: vous déclarez votre activité, et l’affiliation à l’Urssaf suit dans un délai de 4 à 10 semaines selon les indications d’impots.gouv.fr. C’est à ce stade que vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, si vous remplissez les conditions de ressources et de chiffre d’affaires.
Ce que fait Legalstart, et ce qu’il ne remplace pas
Legalstart, comme ses équivalents (Captain Contrat, Simplitoo ou d’autres), est un intermédiaire qui collecte vos informations, prépare votre dossier et le dépose en votre nom sur le guichet unique INPI. La plateforme n’a aucun canal administratif privilégié: elle accède exactement au même portail que vous. Ce qu’elle vend, c’est du temps et de la sécurité perçue.
Concrètement, ces services proposent des parcours guidés pour choisir le statut juridique, rédiger les statuts d’une société, générer les documents obligatoires et vérifier la cohérence du dossier avant envoi. Pour une micro-entreprise, l’utilité est discutable: le formulaire du guichet unique est relativement direct pour ce statut. Pour une SAS ou une SARL, la valeur ajoutée est plus réelle, notamment sur la rédaction des statuts, même si un avocat reste préférable pour les situations complexes (associés multiples, clauses de sortie, pacte d’associés).
La tarification de ces plateformes varie selon les services inclus. Les offres de base pour la création d’une micro-entreprise démarrent généralement autour de quelques dizaines d’euros. Pour une société avec rédaction des statuts, les tarifs montent, sans compter les frais de greffe et d’annonce légale que la plateforme facture en sus au réel. La matière disponible ne permet pas de donner une fourchette tarifaire précise et à jour pour Legalstart, les prix évoluent régulièrement et dépendent de l’offre choisie: consultez directement le site de la plateforme pour le tarif en vigueur.
Quelle option pour l’impôt choisir au moment de créer ?
Le moment de la création est stratégique fiscalement. Sur le guichet unique INPI, lors de la déclaration d’une micro-entreprise, vous pouvez directement opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Cette option permet de payer l’impôt au fil de l’eau, en appliquant un taux fixe sur votre chiffre d’affaires brut: 1 % pour les activités d’achat-revente, 1,7 % pour les prestations de services BIC, et 2,2 % pour les professions libérales (BNC).
Si vous ratez ce moment, un délai de rattrapage existe: vous avez jusqu’au dernier jour du troisième mois suivant la création pour transmettre l’option à l’Urssaf. Par exemple, une création en janvier 2026 laisse jusqu’au 30 avril 2026 pour exercer l’option. Passé ce délai, il faut attendre le 30 septembre de l’année N pour une application au 1er janvier de l’année suivante.
Les conditions d’éligibilité au versement libératoire sont précises. Pour 2026, le revenu fiscal de référence de votre foyer pour l’année 2024 ne doit pas dépasser 29 315 € par part de quotient familial, soit 58 630 € pour un couple, 87 945 € pour un couple avec deux enfants. Il faut également que votre chiffre d’affaires reste dans les plafonds du régime micro-entreprise, désormais fixés à 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services et les professions libérales (seuils applicables pour 2026, 2027 et 2028 selon impots.gouv.fr).
Sans versement libératoire: comment l’imposition fonctionne
Si vous n’optez pas pour le versement libératoire, soit parce que vous ne le souhaitez pas, soit parce que vos revenus dépassent les plafonds, la déclaration de revenus suit une mécanique différente. Vous reportez votre chiffre d’affaires brut dans la déclaration annuelle sur le formulaire 2042-C-PRO, et un abattement forfaitaire s’applique automatiquement selon votre activité: 71 % pour l’achat-revente, 50 % pour les prestations de services BIC et les locations meublées, 34 % pour les activités libérales et les BNC. Le résultat (chiffre d’affaires moins abattement) s’ajoute aux autres revenus du foyer et est taxé au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
L’abattement minimal est de 305 € par activité, si votre chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas ce seuil, c’est quand même 305 € qui sont déduits, jamais davantage. En cas d’activité double (vente et services, par exemple), chaque branche est traitée séparément et le minimum global monte à 610 €.
C’est cette complexité déclarative, choisir la bonne case (5KO, 5KP, 5HQ, 5NG selon le type d’activité), distinguer BIC professionnel et non professionnel, calculer l’abattement applicable, que les plateformes comme Legalstart mettent en avant pour justifier leur accompagnement. En réalité, pour la déclaration de revenus courante d’une micro-entreprise, l’administration fiscale a simplifié le parcours en ligne au point que la majorité des entrepreneurs s’en sort seule.
Faut-il payer un intermédiaire ou faire seul sur le guichet INPI ?
La réponse dépend principalement de deux facteurs: la forme juridique et votre tolérance aux démarches administratives.
Pour une micro-entreprise, le guichet unique suffit largement. La procédure est rapide, le formulaire guidé, et les options fiscales (dont le versement libératoire) sont directement intégrées au parcours de création. Payer une plateforme pour ce type de création revient à déléguer une tâche d’environ 30 à 45 minutes.
Pour une société (SAS, SARL, EURL), la situation est différente. La rédaction des statuts exige des choix structurants, répartition du capital, modalités de cession de parts, règles de prise de décision, fonctionnement d’une EURL comparé à d’autres formes. Une plateforme type Legalstart peut produire des statuts corrects pour les configurations standard à associé unique ou à deux associés sans enjeux particuliers. Dès que la situation se complexifie, entrée d’investisseurs, clauses de ratchet, valorisation préalable, un avocat spécialisé est plus adapté, pour un coût généralement plus élevé mais une sécurité juridique réelle.
Un point souvent négligé: que vous passiez par Legalstart ou directement par le guichet INPI, les frais incompressibles (greffe, annonce légale) restent identiques. La différence tarifaire entre les deux options correspond uniquement au service d’accompagnement proprement dit, pas à des frais administratifs auxquels seule la plateforme aurait accès.
Questions fréquentes
Legalstart dépose-t-il vraiment sur le guichet INPI ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023, toute formalité d’entreprise en France passe par formalites.entreprises.gouv.fr, sans exception. Les plateformes privées n’ont pas d’accès alternatif: elles utilisent le même portail que vous, en tant que mandataires.
Peut-on opter pour le versement libératoire après la création ?
Oui, jusqu’au dernier jour du troisième mois suivant la création de la micro-entreprise, en transmettant la demande à l’Urssaf. Passé ce délai, l’option s’exerce chaque année avant le 30 septembre pour application au 1er janvier suivant, selon les règles d’impots.gouv.fr.
Le guichet INPI couvre-t-il aussi les modifications et cessations ?
Oui. Le portail formalites.entreprises.gouv.fr est le point d’entrée unique pour toutes les formalités: création, mais aussi modification de l’activité, changement d’adresse ou de dirigeant, et cessation d’activité.
L’abattement micro-entreprise est-il obligatoire ou optionnel ?
Il est automatique: vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles à la place. L’abattement (71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité) remplace toute déduction, et son montant minimum est de 305 € par activité, même si votre chiffre d’affaires est inférieur à ce seuil.
Sources
Sources consultées le 17 juillet 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/en-tant-que-micro-entrepreneur-sous-quelles-conditions-puis-je-opter-pour-l