Crème franchise : ouvrir une franchise de glaces ou de cosmétiques, droit d’entrée, redevances et apport
Mis à jour le 20 juillet 2026 — barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
La franchise est un modèle commercial dans lequel un franchiseur cède à un franchisé le droit d’exploiter sa marque, son concept et son savoir-faire, en échange de contreparties financières définies dans un contrat. Deux secteurs très différents portent aujourd’hui le terme « crème franchise »: la restauration glacée et les cosmétiques, deux univers qui n’ont ni les mêmes investissements ni les mêmes logiques de marché.
En bref: Ouvrir une franchise dans ces secteurs suppose de distinguer le droit d’entrée (versé une seule fois à l’entrée du réseau), les redevances régulières (souvent calculées en pourcentage du chiffre d’affaires) et l’apport personnel exigé avant tout financement bancaire. Les conditions varient fortement d’une enseigne à l’autre, mais les ordres de grandeur, les obligations contractuelles et le régime fiscal méritent d’être bien compris avant de signer.
Franchise de glaces: ce que recouvre vraiment le modèle
Une franchise de crèmes glacées ou de glaces artisanales s’appuie sur un concept souvent très identifié: un lieu de vente, une gamme de saveurs, une charte visuelle forte. Le franchiseur apporte la marque, les recettes, les fournisseurs référencés et la formation initiale. En retour, le franchisé paie pour entrer dans le réseau et continue à contribuer à son fonctionnement.
Le droit d’entrée est la somme versée une seule fois à la signature du contrat de franchise. Dans la restauration glacée, il couvre généralement l’accès au savoir-faire, à la formation et à l’assistance au démarrage. Les montants pratiqués varient selon la notoriété du réseau: les enseignes bien implantées peuvent exiger entre 15 000 et 30 000 euros, tandis que des concepts plus récents ou en développement descendent parfois sous les 10 000 euros. Ce montant n’est pas récupérable si le franchisé quitte le réseau.
Les redevances, elles, sont récurrentes. On distingue généralement deux types: la redevance d’exploitation, calculée en pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes (souvent entre 3 et 7 %), et la redevance de communication ou de publicité nationale, qui contribue aux campagnes du réseau (fréquemment entre 1 et 3 % du chiffre d’affaires). Ces pourcentages s’appliquent mois après mois, ce qui signifie qu’un point de vente qui fait bien son travail reverse davantage, mécanisme à intégrer dès la construction du prévisionnel.
Franchise de cosmétiques: une structure financière différente
Dans l’univers des cosmétiques, la franchise porte souvent sur un concept de boutique (soins du visage, beauté naturelle, maquillage professionnel), parfois associé à des prestations de services en institut. La logique financière ressemble à celle de la restauration, mais les montants de lancement sont globalement plus élevés en raison de l’aménagement du point de vente et du stock initial obligatoire.
Le droit d’entrée dans ce secteur se situe fréquemment entre 20 000 et 40 000 euros pour les enseignes à forte notoriété. Certains réseaux intègrent dans ce montant la formation, le kit de démarrage et les premières livraisons de produits; d’autres facturent ces éléments séparément. Il faut lire attentivement le Document d’Information Précontractuelle (DIP), que le franchiseur est obligé de remettre au moins vingt jours avant la signature du contrat, pour comprendre ce que couvre réellement le droit d’entrée.
Les redevances de cosmétiques incluent parfois une part fixe (un forfait mensuel) en plus du pourcentage variable sur le chiffre d’affaires. Quelques réseaux n’appliquent pas de redevance distincte mais imposent des minimums d’achats auprès du franchiseur, un mécanisme qui remplace la redevance classique par une marge sur les approvisionnements obligatoires. Sur un plan pratique, cela revient au même: une sortie régulière de trésorerie liée à l’appartenance au réseau.
Quel apport personnel faut-il prévoir ?
La question de l’apport est souvent la première qui bloque les projets. Les banques exigent généralement qu’au moins 20 à 30 % de l’investissement total soit apporté en fonds propres, sans recours à l’emprunt. Pour un projet de franchise de glaces en kiosque ou en point de vente compact, l’investissement total (droit d’entrée + aménagement + stock + fonds de roulement) tourne souvent entre 60 000 et 150 000 euros, ce qui implique un apport personnel de l’ordre de 15 000 à 45 000 euros selon les établissements bancaires sollicités.
Pour une boutique de cosmétiques en centre commercial, l’enveloppe grimpe plus vite: entre 80 000 et 200 000 euros selon la surface et les travaux d’aménagement imposés par la charte réseau. L’apport attendu suit la même logique proportionnelle. Il faut y ajouter une réserve de trésorerie pour couvrir les premiers mois d’exploitation, souvent sous-estimée par les porteurs de projet qui se concentrent sur l’investissement initial.
Certains dispositifs peuvent alléger l’effort: la garantie BPI France sur les prêts bancaires aux franchisés (qui réduit le risque perçu par la banque et facilite le financement), les prêts d’honneur accordés par les réseaux d’accompagnement à la création, ou encore le prêt personnel du franchiseur lui-même dans quelques réseaux qui pratiquent cette aide au démarrage. Ces options ne se cumulent pas toutes, et leur disponibilité dépend du réseau et du profil du candidat.
Comment le contrat de franchise encadre ces versements ?
Le contrat de franchise formalise l’ensemble des obligations financières. La loi Doubin, codifiée aux articles L.330-3 et R.330-1 du Code de commerce, impose au franchiseur de remettre le DIP contenant l’historique du réseau, les comptes des franchisés existants, la liste des entrées et sorties du réseau et les conditions financières détaillées. Ce document est la pièce centrale de la phase de négociation.
Le droit d’entrée est généralement non remboursable, mais certains contrats prévoient une clause de restitution partielle si le franchiseur ne respecte pas ses engagements d’assistance. Les redevances, elles, doivent être explicitées avec leur assiette (chiffre d’affaires brut, net, hors certaines ventes ?), leur taux et leur périodicité. Un franchisé averti demande systématiquement les comptes de résultat anonymisés de plusieurs franchisés du réseau avant de s’engager, le DIP doit les contenir.
La durée du contrat joue aussi sur l’économie globale du projet. Un contrat de cinq ans avec renouvellement possible oblige à rentabiliser le droit d’entrée sur cette période. Si le réseau impose un droit d’entrée à chaque renouvellement, c’est une charge à anticiper. Certains réseaux pratiquent un droit d’entrée réduit au renouvellement, c’est un point à négocier avant la signature initiale.
Quel régime de TVA pour un franchisé qui démarre ?
La question du régime de TVA est pratique dès les premiers jours d’activité. Un franchisé qui démarre peut, sous certaines conditions, bénéficier de la franchise en base de TVA: selon le service des impôts, ce régime s’applique de plein droit aux activités de vente de marchandises dont le chiffre d’affaires de l’exercice précédent n’excède pas 85 000 euros, et aux prestations de services dont le chiffre d’affaires n’excède pas 37 500 euros.
En pratique, la grande majorité des points de vente de glaces ou de cosmétiques dépassent rapidement ces seuils, ou ont intérêt à être assujettis à la TVA pour récupérer la taxe sur leurs achats (aménagement, stock, équipement). La franchise en base interdit toute déduction de TVA et toute facturation de TVA: un régime qui peut sembler avantageux au départ mais qui devient pénalisant dès que les investissements sont importants. Le passage au régime simplifié d’imposition ou au régime réel normal se décide en accord avec l’expert-comptable, en amont de l’ouverture.
Pour les micro-entrepreneurs qui envisageraient une franchise légère sans local lourd, les seuils du régime micro restent ceux des années précédentes: 188 700 euros pour les ventes de marchandises et 77 700 euros pour les prestations de services. Mais ces seuils sont désormais décorrélés de ceux de la franchise en base de TVA, ce qui signifie qu’un micro-entrepreneur peut relever du régime micro sur le plan fiscal tout en devant facturer la TVA si ses ventes dépassent les seuils propres à ce régime.
Questions fréquentes
Le droit d’entrée est-il déductible fiscalement ?
Le droit d’entrée versé par un franchisé constitue, en règle générale, une immobilisation incorporelle (un droit au bail de réseau), et non une charge immédiatement déductible. Il s’amortit sur la durée du contrat. L’expert-comptable du franchisé détermine le traitement exact selon la nature du contrat et la qualification retenue.
Peut-on négocier le droit d’entrée avec le franchiseur ?
Dans certains réseaux, le droit d’entrée est négociable, notamment pour une zone géographique prioritaire ou pour un candidat apportant plusieurs emplacements. D’autres franchiseurs appliquent un tarif unique non négociable pour préserver l’équité entre franchisés. La réponse dépend du réseau et du rapport de force au moment de la discussion.
Que se passe-t-il si on quitte le réseau avant la fin du contrat ?
Une rupture anticipée du contrat de franchise expose généralement le franchisé à des pénalités prévues contractuellement, en plus de la perte du droit d’entrée déjà versé. Une clause de non-concurrence post-contractuelle peut également interdire d’exploiter une activité similaire pendant un à deux ans dans la zone concernée. Ces clauses doivent être lues attentivement avant toute signature.
Les redevances sont-elles dues même si le point de vente est en difficulté ?
Oui, dans la quasi-totalité des contrats, les redevances calculées sur le chiffre d’affaires sont dues dès que ce chiffre est réalisé, quel que soit le résultat net du franchisé. Certains contrats prévoient un minimum garanti de redevance, indépendamment du chiffre d’affaires effectif, ce qui peut aggraver la situation d’un point de vente en difficulté. Ce plancher éventuel doit être identifié dans le DIP.
Sources
Sources consultées le 20 juillet 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.impots.gouv.fr/professionnel/les-regimes-dimposition-la-tva
- www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/pour-rester-micro-entrepreneur-quel-montant-de-chiffre-daffaires-ou-de?l=en